Deux technologies complémentaires
pour la réalisation d’images aériennes

Le Cineflex (caméra gyro-stabilisée sur hélicoptère) et le drone pour la basse et très basse altitude

 

 

Je réalise depuis plus de 20 ans des images aériennes et, pour atteindre les objectifs qui me sont fixés, il convient d’utiliser la bonne technologie. J’en utilise personnellement deux.

 

 

Le système Cineflex.

 

Il permet de réaliser des images quelles que soient les conditions climatiques, vent, tempête, grosse chaleur et grand froid. Sa parfaite stabilité est assurée grâce à une gyro-stabilisation sur 5 axes, incluant l’axe de roulis (horizon) et 6 axes d’isolation de vibrations. Il est fixé sous un hélicoptère, ce qui permet de se déplacer très rapidement d’un lieu à un autre avec une autonomie de 2h45 à 3h de vol.

 

A titre d’exemple, le système Cineflex permet de réaliser des images allant du ras de l’eau jusqu’au sommet du Mont-Blanc (15 000 pieds, environ 5000m d’altitude), ce qui offre au tournage de nombreuses possibilités d’altitude et de choix d’angles.

 


Concernant les caméras, la meilleure des technologies peut être embarquée. Les commandes zoom, Iris et focus étant déportées dans la cabine de l’hélicoptère donnent la possibilité de réaliser à volonté des plans serrés, moyens et larges, donnant ainsi une immense liberté pour filmer.

 

Le système Cineflex permet de réaliser les plans-séquences* même dans les conditions difficiles (pluie, neige, tempête). C’est actuellement le système le plus adapté pour des types d’évènements et d’images tels que suivre dans la continuité une course cycliste, un rallye, un skieur hors piste, un kitesurfeur ou un chalutier d’un point à un autre dans une mer déchainée, tout en découpant les plans (serrés, moyens, larges) pour donner une dimension et de la force aux images.

 

Avec un réalisateur ayant l’expérience de la prise de vue aérienne et la sensibilité pour sublimer les lieux et les scènes, l’investissement est vite gagnant pour les commanditaires, tant sur l’aspect de la qualité que sur la quantité des images filmées qui sont nécessaires pour une exploitation de plusieurs années dans la réalisation et l’illustration de clips vidéo, spots, films, etc.

 

 

 

 

 

Le drone pour le tournage vidéo (incluant la pub, le cinéma) et la photographie.

 

En vidéo, le drone permet de réaliser des plans très intéressants à basse et très basse altitude, avec un repérage des lieux et à la condition de prendre le temps qui convient au tournage. Au montage, associé à des sons et à une musique originale, l’impact et la force de l’image donneront une toute autre dimension aux lieux filmés Stade Rennais vu du ciel. En complément des tournages au sol, réaliser quelques plans aériens apporte une forte valeur ajoutée à la réalisation d’un clip, film, reportage, fiction et aussi pour l’actualité.

 

En photographie aérienne, le drone est intéressant pour de nombreuses utilisations.

 

 

 

En revanche, il faut en accepter les contraintes.

 

Tout d’abord les batteries : elles ont une autonomie d’une quinzaine de minutes, en incluant le décollage et l’atterrissage. Le temps de la prise de vue est compté.

 

En ville, les vols ne sont autorisés qu’avec des appareils pesant moins de 4 kg. Pour tous les autres lieux (campagne, bord de mer, montagne, etc.), bien que la DGAC autorise un poids maximum de 25 kg, on utilise des drones pesant de 12 à 15 kg, embarquant des caméras et des appareils photos légers.

 

Avec un poids aussi peu consistant, le vent devient l’ennemi du drone. S’il est trop présent, même avec un grand ciel bleu, il ne sera pas possible de décoller.

 

En mer, filmer dans toute sa splendeur un windsurfer ou kitesurfer pour obtenir des images spectaculaires n’est pas envisageable. Avec la force du vent, le risque de casser ou de perdre le drone devient prépondérant.

 

Parmi les contraintes que l’on doit actuellement accepter, la limitation des drones aux seuls plans larges n’est pas la moindre. Dans son usage courant, le drone n’offre en effet ni commande de diaphragme, ni zoom qui permettraient de réaliser, entre autres, des raccords dans l’axe qui sont nécessaires pour pouvoir alterner les valeurs de plan (large, moyen, serré). La technologie évoluant, il faut savoir que déjà quelques caméramans-réalisateurs du drone ont à leur disposition ces deux commandes fondamentales.

 

Concernant l’altitude, la DGAC (Direction Générale de l’Aviation Civile) impose de ne pas voler au dessus de 150 mètres (500 pieds**), ce qui ne permet pas de restituer le contexte d’un lieu tel que, par exemple, une ville dans sa globalité, une île, une forêt domaniale, un grand lac et sa faune sur toute sa superficie, etc.

 

Avec un drone, en fonction des déplacements en voiture pour atteindre les différents points à filmer, il n’est possible de manière réaliste de ne réaliser qu’une moyenne de 10 à 15 plans, mais sur pas plus de 3 ou 4 lieux proches par jour.

 

 

Il ne faudrait pas chercher à opposer le drone et le système Cineflex.

Ce sont des technologies complémentaires qui offrent chacune des possibilités qui lui sont exclusives.

 

 

En résumé, si le coût d’une journée de Cineflex n’est pas comparable à celle d’un drone, elle permet de filmer une importante quantité d’images de grande qualité (compter entre 4 à 5 heures d’images sur une base de 8 heures de vol). Dans un rayon d’action beaucoup plus restreint, l’utilisation d’un drone, compte tenu de sa petite taille et de sa maniabilité, offrira la possibilité de passer dans des lieux très étroits pour mieux surprendre et découvrir des angles inhabituels jusqu’alors impossibles à réaliser (un sous-bois, un stade, une cathédrale, etc.).

 

 

Par conséquent, quand des commanditaires envisagent la réalisation de prises de vue aériennes, les deux technologies mériteront d’être présentées et expliquées afin qu’ils choisissent celle qui sera la plus adaptée à leur projet, rien ne les empêchant cependant d’utiliser à la fois l’une et l’autre.

 

A l’heure où la communication est devenue omniprésente (particulièrement dans le domaine visuel) et en regard des enjeux actuels, un pays, une région, un département, une communauté de communes, une ville se doivent d’apporter de l’information avec des images de qualité. L’image doit être employée avec précaution et justesse, car si elle peut valoriser, elle peut aussi se révéler négative et desservir une économie.

 

 

En conclusion, sans chercher à prendre parti pour l’une ou pour l’autre, j’utilise ces deux technologies qui me fascinent dans leur complémentarité et leur spécificité.

 

Hervé Coudrais, Caméraman-Réalisateur

 

 

 

 

* Un plan-séquence est une séquence composée d’un seul et unique plan, restitué tel qu’il a été filmé, sans aucun montage, plan de coupe, fondu ou champ-contrechamp.


** En aviation, 1000 pieds = 330 mètres

 

Plage d’altitude d’utilisation pour la réalisation d’images aériennes avec un hélicoptère : de 150 pieds à 20 000 pieds (de 50 mètres à 6 600 mètres).


Pour le drone, la législation s’articule autour de trois types d’autorisations (Scénario de vol S1 à S3) permettant des vols d’une altitude de 150 mètres pour des appareils pesant de 4 à 25 kg sur une distance de 100 mètres en agglomération jusqu’à 1 km hors zone peuplée.

 

Il existe un Scénario de vol S4 dont l’agrément ne concerne que peu de pilotes en France qui autorise le vol de drones d’un poids de 2 kg pour une altitude de 150 mètres sur une distance illimitée.